Consultations en visioconférence

Luxembourg · Suisse

,

L’épuisement discret et la culpabilité de ne rien faire

·


Je vois souvent des personnes “haut placées” qui respectent le vieil adage “l’avenir appartient aux gens qui se lèvent tôt”, ils sont généralement opérationnels entre 4h et 6h du matin.

Pour eux le travail bien fait est important, leur position sur l’échelle hiérarchique est le résultat d’une conscience professionnelle exacerbée combinée à un perfectionnisme excessif. Ils sont ultra-performants, très analytiques et ramassent souvent les “pots cassés” dans l’entreprise.

Et il y a là une incongruité qui prend de plus en plus de place, sourire en réunion alors qu’on a envie de fuir ou d’exploser, ne rien laisser paraître alors que l’intérieur s’effrite peu à peu, la colère et la rage contenue quand certains dépassent les bornes.

Après une journée productive, rentrer à la maison devrait être le repos du guerrier, et pourtant l’impression de traîner toute cette charge négative est toujours présente. Soit c’est le vide intérieur, soit c’est la limite, une réflexion des proches, les enfants qui font du bruit, n’importe quel stimulus est susceptible de déclencher une crise explosive avec des mots qui, bien souvent, dépassent la pensée, et franchissent la limite de ce qui est acceptable pour les proches.

Le sommeil n’est plus réparateur, la pression est constante. Si vous êtes dans ce cas, je ne veux pas vous faire peur, mais la réalité est bien là : ce sont les prémisses d’un burnout. Si l’on n’agit pas rapidement, les conséquences sont aujourd’hui bien documentées : sur le corps (douleurs chroniques, troubles cardiovasculaires, dérèglements immunitaires…) comme sur le mental (dépression, difficulté à prendre des décisions, brouillard mental…).

Le problème vient souvent de l’auto-pression que ces personnes se mettent elles-mêmes. Le refus de “ne rien faire” pour éviter de ressentir cette fameuse culpabilité qui est corrélée avec une mauvaise image de soi, prioriser les choses à faire plutôt que la santé mentale, tout cela, qu’on se le dise, est la plupart du temps d’origine éducationnelle. Ce sentiment de ne jamais “être assez” transmis par les parents ou par l’éducation a le bon côté de créer des “machines ultra-performantes”, mais le revers de la médaille est l’oubli de soi et de ses besoins profonds.

Comme je le dis souvent, l’être humain a des ressources qui peuvent surprendre dans les situations critiques. Mais il vaut mieux éviter de flirter trop régulièrement avec ses limites, car elles-mêmes sont limitées.

Comment ce système s’auto-entretient jusqu’à l’échec ?

On ignore les signaux → on continue à délivrer → l’énergie se vide → on continue en s’en voulant d’être moins performant → violence envers soi-même → violence envers les autres → repli sur soi (ce qui permet de regagner un peu d’énergie) → on remonte en selle → on se remet à délivrer → On ignore les signaux → on continue à délivrer…

Donc vous savez au fond de vous que vous avez besoin de repos (comme vous avez lu jusqu’ici, il est fort probable que vous soyez concerné, donc je vais m’adresser à vous), mais ce n’est pas ça qui vous fera sortir de la spirale descendante. « Repose-toi », « prends des vacances », « fais du sport », « déconnecte », bien entendu que vous avez besoin de vous recharger, on ne dit pas le contraire, mais ce dont vous avez surtout besoin, c’est de changer le mode de fonctionnement quotidien.

D’habitude, comme vous fonctionnez toujours, vous et peut-être votre entourage en concluez qu’il faut simplement “tenir bon”. Sauf que c’est justement cette croyance-là qui vous garde dans la spirale.

Votre corps vous envoie constamment des signaux : les émotions positives en sont, les émotions négatives aussi. La violence envers soi-même et envers les autres est un gros signal d’alarme. Vous pouvez continuer de travailler, mais en vous donnant des limites.

Comment rompre la spirale ? Dans le travail que nous faisons, la première chose à faire est de décoder réellement ce qu’il y a sous la surface du “je suis juste fatigué”. Par exemple : les pensées associées “si je ralentis, tout s’écroule”, “je ne peux pas montrer que je sature”, les sensations, les émotions (anxiété, culpabilité au repos). Grâce à des exercices ciblés, nous décodons en profondeur.

Les croyances (notre programmation) peuvent nous aider à atteindre un objectif mais peuvent aussi nous maintenir dans la peur. Et vous n’êtes pas obligé de vivre dans la crainte, l’anxiété ou la peur pour avancer. Certains font leur travail calmement, et certains le font en étant stressés, pourtant le résultat est le même. Un bon exemple est d’imaginer un coureur cycliste qui avance rapidement mais qui est obligé de s’arrêter souvent pour se reposer ; un autre coureur avance continuellement à son rythme sans s’arrêter. Les deux arriveront pourtant au même point, mais celui qui avance plus rapidement aura plus de chances de se blesser.

Vous n’avez pas besoin d’attendre de vous effondrer pour réagir. Et ce qui change, ce n’est pas forcément votre poste ou votre charge de travail, c’est votre manière de fonctionner avec.


Pour aller plus loin

Derniers articles
Eric Serpi
Eric Serpi Thérapeute cognitivo-comportemental (TCC)

J’accompagne cadres et dirigeants à hauts fonctionnements — HPI, TSA, TDAH, hypersensibilité — vers plus de régulation émotionnelle et d’autonomie. Visio sécurisée, Europe.

Premier échange

Si ce que vous venez de lire résonne avec votre fonctionnement, le premier échange — 20 min, par téléphone, gratuit — sert justement à vérifier si l’approche vous convient. Sans engagement.

Planifier un premier échange
Déjà orienté ou accompagné

Si nous avons déjà échangé, ou si vous avez été orienté par un confrère, vous pouvez réserver directement.