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Luxembourg · Suisse

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« Bugs » et anxiété en situation sociale

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Depuis quelques semaines maintenant, Claire (prénom modifié) vient me voir. Elle a un poste à hautes responsabilités dans une grande entreprise luxembourgeoise. Elle a un fonctionnement neuro-atypique et elle me raconte comment, lorsqu’elle est dans une situation sociale, elle se sent mal à l’aise par certaines réflexions ou blagues de la part de ses collègues qu’elle ne comprend pas, elle fait souvent semblant de comprendre et de rire mais lorsque l’échange se termine elle se sent comme « idiote » et à côté de la plaque. Après coup, elle réfléchit en se repassant la scène et en décodant les mots, parfois elle trouve la signification, mais la plupart du temps elle reste dans l’incompréhension la plus totale. Ce n’est pourtant pas une question d’intelligence car Claire a été diagnostiquée HPI (haut potentiel intellectuel).

Ce qu’elle vit quasiment tous les jours est une combinaison de deux mécanismes, le camouflage social (ou masking), combiné à une difficulté de cognition sociale (le fait de prendre les choses au sens littéral et de ne pas capter l’implicite).

Le premier lui sert à maintenir son image, elle se contrôle constamment (ce qui est devenu automatique) afin de ne rien faire de ce qui pourrait être considéré comme bizarre ou déplacé, ce qui la fait paraître rigide et froide.

Le second : son fonctionnement logique ne décode pas ce qui, à première vue, n’a pas de sens. Cela est très souvent confondu avec de la naïveté. Claire est pourtant loin d’être naïve et elle le sait, malheureusement elle reste incomprise.

Tout ceci lui génère beaucoup d’anxiété, et elle a donc choisi d’éviter toute situation sociale en restant à l’écart le plus possible.

Le problème ici est que plus elle évite ces situations, plus la crainte qu’elles ne se reproduisent reste constante. C’est une boucle sans fin qui se présente de la sorte : l’anxiété est maintenue, ce qui crée de la rigidité et de l’hypervigilance, elle évite la situation, par la force des choses y est finalement confrontée, elle le vit mal ce qui génère encore plus d’émotions négatives, donc elle évite encore, selon la dernière expérience elle peut s’être encore plus « rigidifiée », et ainsi de suite. L’image que Claire a d’elle-même est impactée négativement.

Claire ne manque pas de volonté, elle aimerait se sentir à l’aise et ne plus être impactée, elle en a déjà parlé autour d’elle, on lui a conseillé de « lâcher-prise », de moins « se prendre la tête », de « se changer les idées », de « méditer », mais toutes ces « solutions », malgré le fait qu’elles soient pleines de bon sens, ne fonctionnent pas ou peu, tout simplement car tant que la manière de réagir aux émotions « négatives » reste la même, le cerveau n’apprend pas qu’il n’y a aucun danger. Notre cerveau fait tout pour nous protéger, il crée des systèmes de protection dès qu’il sent qu’il y a une menace, et toute situation qui provoque des émotions négatives peut être considérée comme telle.

Un travail structuré et pragmatique permet logiquement de sortir de ces schémas d’évitement expérientiels, qui, je le rappelle, ont été mis en place par notre système, à la base, dans le but de nous protéger.

Ce travail fonctionne en 3 étapes, premièrement il est nécessaire de décoder ce qui se passe réellement durant ces expériences désagréables, en effet il n’y a pas que « une situation-> une réaction », il y a tout un processus sous-jacent. Ce qui peut passer pour un fonctionnement basique et automatique est en fait un rouage fait de pensées, de sensations et de différentes émotions. Comprendre ce fonctionnement est la première étape pour en sortir définitivement.

Deuxièmement, il est nécessaire de changer d’interprétation en sortant des pièges de pensée (distorsions cognitives), ce qui permet de construire de nouveaux chemins neuronaux (par exemple une habitude est un chemin neuronal assez solide pour être maintenu sur le long terme).

Pour Claire, ses pensées étaient « Je vais encore passer pour une débile », « si on me parle, je vais paniquer et ne pas savoir quoi dire », « pourvu que je ne croise personne en allant me chercher un café »…etc.

Troisièmement, avec ces nouveaux outils, on s’expose progressivement aux situations qui par le passé nous provoquaient des émotions dites « négatives », ce que l’on appelle « l’exposition et la modification comportementale ».

Depuis qu’elle a commencé le protocole, Claire vit mieux ces expériences, les situations sont toujours les mêmes (on ne peut pas changer l’entreprise, ni ce qui s’y passe), mais elle n’est plus impactée par celles-ci. Elle n’a plus cette appréhension de croiser quelqu’un et d’être jugée. Elle s’exprime avec plus de fluidité et quand elle ne comprend pas, ce n’est plus aussi grave qu’avant. Son anxiété globale a baissé et son estime est remontée.

Claire n’est pas un cas isolé : chaque jour, de nombreuses personnes vivent la même chose. Si vous vous reconnaissez et que vous aimeriez que cela cesse de vous atteindre, je vous propose d’en parler lors d’un premier échange, par téléphone, 20 minutes, gratuit et sans engagement.


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Eric Serpi
Eric Serpi Thérapeute cognitivo-comportemental (TCC)

J’accompagne cadres et dirigeants à hauts fonctionnements — HPI, TSA, TDAH, hypersensibilité — vers plus de régulation émotionnelle et d’autonomie. Visio sécurisée, Europe.

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